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Les plans d’aide au retour pour les migrants : traduction économique d’une préférence étrangère.

Les plans d’aide au retour pour les migrants : traduction économique d’une préférence étrangère.

Tribune libre d’Alexandre Durudeau, Membre du Bureau national du FNJ, Coordinateur des départements de Bretagne :

Alors que l’Allemagne avait crée un véritable appel d’air en déclarant vouloir accueillir des centaines de milliers de migrants, Angela Merkel prend maintenant une toute autre direction (sous pression de ses alliés) en s’engageant à ce que l’afflux massif qu’a connu l’Europe en 2015 ne se reproduise plus. Pour soulager les Allemands jugeant que les expulsions se font trop rares, Berlin a annoncé le déblocage de 150 millions d’euros à l’occasion d’un plan d’aide au retour pour les demandeurs d’asile déboutés et les migrants désirant rentrer dans leur pays d’origine.

Ce plan se révèle assez déroutant puisque, pendant des mois et des mois, les politiques comme les médias ont façonné par des reportages et des discours larmoyants l’image du migrant fuyant des pays en proie à la destruction et la terreur. Il est donc assez curieux de penser que l’Allemagne soit prête à encourager des Hommes se dérobant des bombes à retourner sous celles-ci via des récompenses financières. Cela reviendrait à appâter l’Homme désespéré pour mieux le reconduire vers la mort. Mieux, ou pire selon, comment ces Hommes pourraient accepter une telle proposition si la fuite vers la vie est bien la raison de leur départ ?

Bien entendu, il existe aussi une autre hypothèse, qui s’avère beaucoup plus probable : les migrations partiraient d’un principe économique et ne peuvent, donc, que se résoudre par une solution du même ordre. Rien de honteux à cela, après tout, l’Homme du XXIème siècle, individu de ce monde de consommation cherche toujours désespérément à gagner plus pour étancher jour après jour sa soif matérielle. C’est même le principe clé de la mondialisation que d’encourager les déplacements de population à des fins économiques. Malheureusement ce principe clé ne peut s’appliquer qu’autrement que sur le dos des populations ancrées territorialement, sur ces hommes et ces femmes attachés à la terre de leurs aïeux, chéquiers sur pieds pour les populations du Sud, esclave pour les populations des jets-privés.

En résumé, si ce plan est le bon pour les migrants, il l’est nettement moins pour les Allemands. Le peuple d’outre Rhin a en effet déjà payé pour l’accueil (et parfois une installation) et s’apprête à repayer pour le départ de personnes qu’une bonne partie d’entre eux ne désiraient, tout simplement, pas accueillir du tout.

Il est de bon ton de dire que 150 millions est un moindre mal par rapport aux milliards que coûte une installation à moyen et long terme ; certes mais si dans l’expression « moindre mal » il y a « moindre », il y a surtout « mal ». Cette politique sonne tout de même faux aux oreilles des peuples européens à qui on impose des politiques de rigueurs pendant que l’on se contente d’un « moindre mal » au niveau étatique.

En France on connaît bien ce genre d’aide. Pour rappel, les Roms bénéficiaient d’une aide financière au retour volontaire, qu’ils soient en situation irrégulière ou non. Cette aide montait auparavant à 300euros par adulte et 100euros par enfant mineur, avant d’être abaissée. Malgré tout le filon restait trop bon et il était de notoriété publique que des bénéficiaires profitaient de ces sommes pour rentre visite aux proches restés dans les pays d’origine avant de revenir pour retoucher les aides sous un autre nom. En 2016, ce système existe toujours pour les clandestins violant la loi et désirant retourner dans leur pays d’origine.

En mettant en place une telle aide, l’Etat se débarrasse ainsi de sa prérogative régalienne de Justice en achetant de l’autre main une sécurité partielle et artificielle moyennant finance.

Mais les Gouvernements européens ont-ils encore d’autres choix que d’acheter la paix sociale ? A vrai dire, avec le système politique actuel, on peut clairement dire que non. Pris entre l’Union Européenne que les lobbies financiers ont fait en sorte de transformer en usine à directives pro-immigrationnistes, les médias admirateurs des associations d’extrême-gauche type no-borders et compagnie et une idéologie droit-de-l’hommiste entravant toute tentative de changement de paradigme, les Gouvernants européens ne peuvent plus agir avec force sans se trahir. Certes ils n’ont plus vraiment le choix, mais c’est par soumission volontaire.

Cette sainte trinité (UE/médias/idéologie) fait que les Gouvernements Européens renoncent volontairement à leurs devoirs envers leurs peuples au bénéfice des étrangers (pour ne pas dire, dans ce cas, des hors-la-loi). Preuve en est avec la déclaration du ministre Allemand chargé de la mise en place du plan d’aide au retour qui a défendu la nécessité d’aider les migrants à « entreprendre un nouveau départ » dans leur pays d’origine, quand bien même il serait beaucoup plus bénéfique d’aider les jeunes européens à en construire un premier.

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