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Décryptage : l’Etat Islamique appelle au meurtre de l’imam de Brest.

Décryptage : l’Etat Islamique appelle au meurtre de l’imam de Brest.

Tribune libre d’Alexandre Durudeau, Coordinateur des départements de Bretagne, Secrétaire départemental-Jeune du FNJ Morbihan :

Recherché mort. Voici ce qu’a déclaré l’Etat Islamique à propos de l’imam de Brest, Rachid Abou Houdeyfa. L’organisation a demandé la tête du prédicateur dans le dernier numéro de son magazine de propagande. Cette mise à mort fait suite à des déclarations de l’imam qui avait appelé les musulmans à participer aux différents scrutins du système électoral français. Rappelons qu’au delà de son appel aux urnes, l’imam de Brest avait déclaré, devant des enfants, que la musique était la voix du diable et qu’en écouter transformerait les auditeurs en singes et en porcs. L’imam avait, par la suite, prétendu au magazine l’Express que ses propos étaient sortis de leur contexte – que cela soit vrai ou non, survit le fait que le prêcheur reste très controversé.

Il est indéniable qu’au moins pour le moment, l’organisation et l’imam ne soient pas au même niveau de radicalité (l’imam s’étant, par exemple, déclaré officiellement contre les attentats et le départ en Syrie). Mais à l’inverse, il serait abusif de penser que, parce que ciblé par l’État Islamique, Rachid Abou Houdeyfa gagnerait en légitimité. C’est pourtant là le risque. Il n’est pas à douter que ses partisans soulèveront cet appel en bouclier contre toute accusation de radicalité sous prétexte que les ennemis de nos ennemis ne peuvent être que nos amis. Or ce dicton, parfois juste, s’avère totalement faux dans cette situation. En effet, si l’objectif est plus ou moins le même (un anéantissement des valeurs françaises au profit de valeurs radicales), le moyen est bien différent et c’est en cela que l’Etat Islamique en veut à l’imam de Brest. Celui-ci avait appelé les musulmans à participer à la démocratie française en allant voter (ce qui est dans le fond louable, mais dans les faits le passé sulfureux du personnage peut laisser penser que le loup est déguisé en agneau), or l’Etat Islamique est nettement plus partisan de la voix des couteaux.

Quand certains radicaux français préfèrent gagner par l’utilisation du système, et de facto, par une victoire par le haut, d’autres prônent l’anéantissement total et la destruction par le bas. Il serait malvenu de faire une hiérarchie. Quand l’un cause de la souffrance et de la peur à court terme,  l’autre instaure une idéologie sur le long terme. C’est pour cela qu’il faut prendre les deux risques sur un pied d’égalité.

Notons tout de même que cette vision qu’a l’organisation est assez contradictoire avec ses actions sur le terrain : en effet, elle a pendant des mois et des mois fait en sorte de construire un véritable système (scolaire, administratif, de santé …) sur les terres occupées du Moyen-Orient. Il serait donc assez logique de penser qu’elle a compris tout le potentiel que peut avoir la prise de pouvoir « dans les normes » des Institutions. Pourtant, elle ne l’accepte ici, semble t-il, que partiellement. Sans doute que, pour une part, l’organisation préfère garder un ton ferme face à l’Europe se gardant bien de décevoir ses membres les plus durs en semblant s’adapter au système occidental. Mais sans doute aussi qu’à ses yeux l’Européen est tellement impur, que seule la lame peut le ramener à la raison…

C’est donc dans un souci de vérité intellectuelle mais, surtout, de sécurité que les Français ne doivent pas se sortir de la tête que, si il est vrai que le niveau de radicalité n’est pas le même, ce n’est pas pour autant qu’il faut oublier les problèmes qui peuvent sembler « mineurs » (problèmes que posent certains prédicateurs par exemple), pour se concentrer sur un problème semble-il « majeur », qu’est l’Etat Islamique. Or, pour l’instant, il semblerait que le gouvernement et Mr. Hollande soient sur cette ligne, mettant quelques miettes sur la table pour se débarrasser de l’ennemi extérieur, mais fermant les yeux quand, sur notre territoire, des quartiers passent progressivement sous la main-mise islamiste et/ou financement étranger (nous n’avons rien à envier à nos amis Belges et leur Molenbeek).

Dans l’avenir, une prise de conscience sera inévitable. Et si les faits nous rattrapent très rapidement, il reste néanmoins un espoir d’agir afin de prévenir les futures attaques en tout genre. Cela commencerait tout simplement par la fermeture des mosquées radicales… ce qu’ont refusés, durant l’été, les députés à 169 voix contre 139.

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