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Jeune ou aîné : même combat !

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Jeune ou aîné : même combat !

Tribune d’Arnaud de Rigné, secrétaire départemental du Front National de la Jeunesse de Loire-Atlantique (FNJ 44) :9432902-vieux-et-jeunes-mains-concept-de-deux-generations

On pourrait penser qu’il existe un fossé générationnel entre les jeunes et les seniors : il n’en est rien. Et pour cause ! Les deux partagent bien souvent les mêmes difficultés à boucler leurs fins de mois, à trouver un emploi, ou à vivre en sécurité. Les causes sont multiples et les conséquences parfois désastreuses.

Le problème est connu et les économistes disent même qu’il était prévisible. Mais alors, qu’ont fait nos élites pour contrecarrer le phénomène, hormis quelques mesurettes ? Comment peut-on croire une seule seconde que la seule cause de l’explosion du chômage des seniors est simplement un effet mécanique de l’allongement de la durée d’activité ? De toute évidence, les causes du chômage des jeunes et celles des aînés sont liées.

Il serait donc intéressant de voir le problème de fond : la précarisation du marché de l’emploi, sous l’impulsion des politique néolibérales, a particulièrement accentué les problèmes que connaissent jeunes et seniors, à tel point qu’aujourd’hui, lorsque nos aînés se retrouvent au chômage à 50 ans, beaucoup doutent qu’ils pourront retrouver un emploi avant la retraite. De la même manière, les jeunes Français ont beaucoup de difficultés à trouver un emploi stable : ils sont 22% des 18-24 ans à être au chômage, et doivent bien souvent attendre leurs 25 ans avant d’avoir de réelles chances d’accéder à un emploi durable. Chez les jeunes comme chez les seniors, on retrouve donc souvent les mêmes problématiques.

L’INSEE a particulièrement étudié le taux d’emploi des seniors au sein de l’UE – et non au sein de la seule zone euro – afin de connaitre les disparités entre les Etats européens. On peut ainsi distinguer deux blocs. D’un côté, il y a les pays comme l’Espagne, la France ou l’Italie, qui affichent un taux d’emploi pour les seniors autour de 40%, et de l’autre côté, des pays comme le Royaume-Uni ou la Suède qui n’ont pas l’euro et qui affichent un taux d’emploi pour les aînés de 60 voire 70%. On peut également considérer que, comme l’euro est une monnaie fabriquée autour des spécificités allemandes, il est normal que l’Allemagne rejoigne les performances de ce dernier groupe. Mais la plupart du temps, on peut considérer que l’euro est un des freins à l’embauche des seniors.

Les jeunes français subissent le même traitement. Ces derniers préfèrent quitter la France plutôt que de rester sur un marché du travail de plus en plus précarisé. Et là encore, les chiffres sont éloquents : quand les jeunes français sont 28% à être employés, le constat est pire pour les jeunes italiens ou les jeunes espagnols, seulement 16% le sont ! Le comparatif peut être fait avec des pays de l’UE qui n’ont pas l’euro : au Royaume-Uni, près de la moitié des jeunes sont employés quand ils sont plus de 40% en Suède !

Où sont les promesses de Maastricht qui voulaient faire de l’euro le marche-pied du plein-emploi ? On en est loin ! En réalité, l’euro s’avère être un frein à l’embauche des jeunes comme des aînés en France et en Europe.

En outre, il est important de souligner que la masse salariale française est surtout, à terme, concentrée dans les TPE et les PME. Les multinationales sont, quant à elles, plus à même de délocaliser ou de préférer un étranger – bien souvent « moins coûteux » – à un Français, qui sera trop jeune ou trop âgé pour répondre à leurs exigences. Qu’on se le dise : les exonérations du gouvernement actuel et des précédents en matière de fiscalité des grandes entreprises sont très loin de changer quoi que ce soit. Au contraire, nous trouvons qu’il serait bien plus normal de privilégier les TPE et PME françaises qui, elles, sont plus à même de produire en France et d’employer en France, aussi bien des jeunes que des seniors. Il est donc important que notre pays se dote de frontières économiques, ce qui permettra de privilégier notre production et notre consommation nationales.L’intérêt supérieur de la Nation exige d’en finir avec le dogme du libre-échange mondial qui voudrait que notre territoire n’ait plus de frontières : c’est un impératif pour l’emploi des jeunes comme des aînés !

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