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Lectures d’été n°3. Les mots de De Gaulle, Denis Tillinac

Lectures d’été n°3. Les mots de De Gaulle, Denis Tillinac

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Par Donatien VERET, secrétaire départemental du FNJ – Val d’Oise

Comme le disait Mao Tsé-Toung, « le poisson pourrit toujours par la tête ». Avec les élites faisandées de l’UMP, le dicton se vérifie : entrée dans une ère de glaciation intellectuelle, cette formation ne semble plus capable de jouer un vrai rôle d’opposition. Alors les dirigeants de l’UMP tournent en rond, répètent les mêmes phrases, attaquent le gouvernement sur des sujets périphériques, puis se réfèrent au gaullisme, qu’ils ont trahi, pour donner des leçons de morale. Ce petit livre de Denis Tillinac, Les mots de De Gaulle, a le mérite de dissiper l’équivoque. Il permet d’approcher, à l’aide de citations choisies, la pensée du Général de Gaulle, et de constater que l’UMP, ce vieux syndicat d’intérêts électoraux, n’a plus rien de gaulliste.  Utile pour ne jamais être impressionné par les rodomontades de ce parti, utile pour ne jamais être à sa remorque.

Bruno Le Maire se dit « gaulliste de droite » et défend une vision clanique du clivage gauche-droite ? Charles de Gaulle lui répond : « Il n’y a pas de gaullistes de gauche ni de droite. Être gaulliste, c’est être de gauche et de droite à la fois, vous voyez ce que je veux dire, à la fois ! C’est être passionné et raisonnable, mais en même temps ! C’est être pour le mouvement et pour l’ordre, mais conjointement ! Il n’y a pas d’ordre qui tienne, sans mouvement ; ni de mouvement qui tienne, sans ordre. Vouloir l’un sans l’autre, c’est un délire ! » Ou bien encore : « Être gaulliste c’est n’être ni à gauche, ni à droite, c’est être au-dessus, c’est être pour la France. » (pp50-51).

Nicolas Sarkozy oblige la France à réintégrer le commandement intégré de l’OTAN ? Charles de Gaulle estime que « l’OTAN est un faux semblant. C’est une machine pour déguiser la mainmise de l’Amérique sur l’Europe » (p83). Les belles âmes de la droite prétendent que la limitation des flux migratoires est une validation nauséeuse de thèmes d’extrême droite ? Charles de Gaulle déclare que « la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France » (p55).

L’UMP soutient l’accord de libre-échange États-Unis/Union européenne ? Charles de Gaulle estime que « si nous suivions le marché les yeux fermés, nous nous ferions coloniser par les Américains » (p35). Il défend par ailleurs l’idée d’un « dirigisme », contraire aux affirmations ultralibérales de la Droite forte ou des Réformateurs : « La liberté reste un levier essentiel de l’oeuvre économique, celle-ci n’en est pas moins collective, commande directement le destin national et engage à tout instant les rapports sociaux. Cela implique donc une impulsion, une harmonisation, des règles, qui ne sauraient procéder que de l’État. Bref, il faut le dirigisme » (p34). Il estime que « le capitalisme lui aussi […] empoigne et asservit les gens. Comment trouver un équilibre humain pour la civilisation, pour la société mécanique moderne ? Voilà la grande question de ce siècle ! » (p35).

Jean-Pierre Raffarin plaide pour le fédéralisme européen ? Charles de Gaulle se demande « à quelle profondeur d’illusion ou de parti pris faudrait-il plonger, en effet, pour croire que des nations européennes, forgées au long des siècles par des efforts ou des douleurs sans nombre, ayant chacune sa géographie, son histoire, sa langue, ses traditions, ses institutions, pourraient cesser d’être elles-mêmes et n’en plus former qu’une seule ? » (p41)

Ce petit livre coûte à peine 3 euros : ils seront mieux dépensés qu’avec le Sarkothon !

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