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Derrière un gaullisme d’apparat, le ralliement aux socialistes

Derrière un gaullisme d’apparat, le ralliement aux socialistes

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Tribune libre de Damien Monchau, membre du Bureau départemental du FNJ – Rhône

Ce mardi 28 Mai, nous avons eu le plaisir de lire dans un article de Libération l’avis de ce petit Baron UMPiste qu’est François Baroin. Celui-ci a déclaré sans hésitation qu’il regrettait de voir l’aile droite de son parti se rapprocher dangereusement de nos positions, avant d’ajouter qu’il faudrait, je cite: « rétablir le barrage établi par Jacques Chirac  » à notre encontre. Ce qui implique, lors d’un second tour d’une élection opposant le PS au le FN, de soutenir le candidat socialiste !

Jusque-là rien de nouveau sous le soleil me direz-vous, et avec raison. Ce n’est après tout pas la première fois (et certainement pas la dernière non plus) que nous verrons un de ces « bobos de droite »  nous démontrer que la somme des différences entre PS et UMP n’est pas plus épaisse qu’une feuille de papier à cigarette. Non, l’unique raison ayant motivé la rédaction de cette présente tribune est l’argument fallacieux utilisé par cet odieux personnage, comme par l’ensemble de ses compères, pour justifier leur position pour le moins délicate. Nouvelle citation de l’intéressé : « Le FN, c’est l’extrême droite, l’ennemi irréductible des gaullistes, donc de l’UMP« .

Lire ou entendre ce genre d’âneries a toujours tendance à me mettre les nerfs en pelote !
Je passerai sur la démonstration magistrale de tartuferie que nous offre Monsieur Baroin qui s’essaye aux vieilles pratiques de gauche par une timide tentative de diabolisation de notre parti en nous qualifiant « d’extrême droite », pour directement entrer dans le vif du sujet, et mettre les choses au claire concernant ce qu’est vraiment le Gaullisme.

Il s’agissait avant tout de défendre l’indépendance de la France, par le refus de sa vassalisation aux organes de pouvoir supranationaux, tels que l’ONU, l’OTAN ou la CEE — devenue UE — ( « la politique de la chaise vide » en est d’ailleurs un parfait exemple ). Mais aussi face aux superpuissances telles que les États-Unis, et aux puissances économiques et financières. L’on trouvait également dans ce courant politique la notion de respect des nations à travers le monde, perçues en tant que rempart des peuples contre toute forme d’impérialisme, et comme entités culturelles façonnées par l’histoire.

Le gaullisme impliquait un pouvoir exécutif fort et stable, donnant au président de la République un rôle primordial au bon fonctionnement de notre nation. Mais également le double refus de l’ultra-libéralisme et du marxisme (lutte des classes) au profit d’une « troisième voie » sociale, passant par une économie orientée par l’État en vue d’un développement volontariste (la planification, l’aménagement du territoire, les grands projets publics…). C’était aussi l’établissement de  » l’association capital/travail  » aussi appelée « participation » (aux bénéfices, aux décisions, à la propriété de l’entreprise) qui devait réconcilier les Français entre eux et aboutir à la fois à la justice et à l’efficacité dans le monde du travail.

Pour finir, nous pouvons également souligner le conservatisme sociétal certain de cet ancien Président Français. Le Général De Gaulle ayant été contre l’avortement et pour la peine de mort, bien qu’il gracia toutes les femmes condamnées à mort durant sa présidence.

Attention, n’allez pas pour autant voir dans mes lignes une quelconque adhésion de ma part à cet homme d’Etat et à l’ensemble de son oeuvre. Bien des choses m’en empêcheront toujours, notamment le traitement qu’il réserva tant aux pieds noirs qu’aux harkis. Mais sachant tout cela, comment les dirigeants UMP, inféodés au MEDEF et au monde de la finance, défenseurs de l’ultra-libéralisme, capables de la plus grande souplesse dorsale face à la Commission européenne, pour laquelle ils ont vidé de sa substance le rôle de chef d’Etat osent-ils se réclamer encore de De Gaulle ? De ce personnage qui, si il ne fut pas sans reproche, était tout de même un patriote qui avait à cœur de préserver l’indépendance de notre patrie !

Alors Monsieur Baroin, soyez conscient que vous et vos collègues ne représentez ni le bilan, ni les idées dont se réclamait le Général de Gaulle qui j’en suis convaincu doit se retourner dans sa tombe en écoutant votre litanie mondialiste. Si vous souhaitez appeler à voter pour vos amis socialistes, grand bien vous fasse ! Mais assumez vos positions idéologiques, admettez votre soumission au dogme libéral à l’instar de ceux que vous désirez si ardemment soutenir. Et surtout n’allez pas user de pareille malhonnêteté intellectuelle. C’est prendre l’ensemble des Français pour des idiots, et salir la mémoire de l’homme dont vous revendiquez l’héritage.

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