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Le Front de Gauche entre incohérence et déconnexion

Le Front de Gauche entre incohérence et déconnexion

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Par Donatien Véret, Secrétaire départemental FNJ – Val-d’Oise

Hier se tenait la marche de Jean-Luc Mélenchon pour une VIème République. Ce qu’il fallait retenir, c’est le manque de cohérence de cette initiative.

Alors que le sujet principal devait être la souveraineté du peuple français, nous avons pu voir qu’Éva Joly appelait sans complexe à un fédéralisme européen, tout comme l’UMP et le PS. Par ailleurs, il est piquant de voir l’ancienne candidate d’Europe-Ecologie-les Verts critiquer « l’Europe libérale » (sic) : son parti n’a-t-il pas soutenu le traité de Lisbonne, cheval de troie de la mondialisation ? On ne peut pas prétendre à un changement de système, et vouloir pousser plus loin la fuite en avant européiste. En conclusion, Eva Joly a demandé le droit de vote des étrangers, atteinte au lien entre nationalité et citoyenneté qui est l’un des traits de la République française. C’est une demande irresponsable.

À la tribune, Pierre Laurent a quant à lui dégouliné de bons sentiments à l’égard des « immigrés poussés par la misère », sans jamais remettre en cause le cercle vicieux de notre politique d’immigration : il ne s’agit pas d’accuser les immigrés eux-mêmes, mais de s’interroger sur le rôle de cette politique dans la déflation salariale et la montée du communautarisme. Le PCF reste muet. En juin 2011, le communiste André Gérin déclarait pourtant avec courage : « Non, l’immigration n’est pas une chance pour la France. C’est un mensonge entretenu depuis 30 ans. Oui, c’est une chance pour le capitalisme financier, pour diviser, exploiter, exclure, ghettoïser (…) Aujourd’hui, limiter y compris l’immigration régulière devient vital, face à une situation explosive dans des centaines de villes populaires ». Puisse Pierre Laurent l’entendre…

L’autre grand discours, c’était celui de Jean-Luc Mélenchon. Il s’en est pris à la fonction de « monarque républicain », qui est censé être celle d’un président de la République : c’est l’esprit de la Vème République voulue par le Général de Gaulle, avec un exécutif fort. Qui peut croire aujourd’hui que François Hollande est un hyperprésident, alors même qu’il suit la feuille de route imposée par Bruxelles et qu’il accepte la mondialisation libérale ? Un peu plus loin dans le discours, Mélenchon a supplié la BCE de monétiser la dette pour en alléger le poids : voilà donc notre pourfendeur de la finance qui s’agenouille devant le Goldman Sachs boy Mario Draghi pour lui quémander une aumône… Enfin, pour Mélenchon, la seule grande « loi d’égalité », c’est le mariage gay, dernière étape avant la marchandisation des ventres.

Le Front de gauche est apparu tel qu’il est : miné par les incohérences sur le plan économique et européen, empêtré dans un clivage gauche-droit inopérant (comment croire qu’Hollande mènerait une « politique de gauche »?), flou sur sa réforme institutionnelle, et déconnecté des attentes populaires.

Les véritables solutions à instaurer pour sortir de la crise consistent, entre autres, à :

  • déconstruire l’euro et rétablir une monnaie nationale adaptée à notre économie ;
  • apporter des correctifs institutionnels via la République référendaire et la proportionnelle intégrale ;
  • permettre à la Banque de France de battre monnaie pour monétiser progressivement la dette et débloquer les fonds nécessaires à une politique industrielle ambitieuse ;
  • reconstruire des frontières économiques protectrices, parce que « le progrès social semble être avant tout considéré comme un obstacle à la compétitivité dans le cadre du libre-échange mondialisé » (Jean-Pierre Le Goff) ;
  • réguler vraiment les flux migratoires, à rebours du libéralisme mondialisé.

Ainsi, nous rétablirons la souveraineté de la France et du peuple français dans tous les domaines.

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