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1er Mai – Discours de Marine Le Pen vu par Donatien Véret

1er Mai – Discours de Marine Le Pen vu par Donatien Véret

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Tribune libre de Donatien Véret, Secrétaire départemental du FNJ – Val-d’Oise

C’est devant une foule chaleureuse et galvanisée – riche de sa jeunesse – que notre présidente a tenu un discours sur la France et sur sa conception du pouvoir. À la tête de ceux qui se rassemblent pour mener le même combat, Marine Le Pen a détaillé longuement l’ambition du mouvement national, à la fois éclaireur et bâtisseur : un rôle d’éclaireur face « aux ténèbres de l’Europe », un rôle de bâtisseur par l’application d’un programme de salut public et d’unité nationale. Marine Le Pen a incarné la rupture sereine avec un système à bout de souffle : ramenant dos à dos l’UMP et le PS, principaux acteurs du désenchantement français, elle a rappelé la lourde responsabilité des pseudo-experts, discrédités par leur incapacité à prévoir les crises et par leur partialité.

Marine Le Pen s’est adressée à la France des oubliés – oubliés par les oublieux de la nation. Dans une situation grave où « plus rien ne semble solide sous les pieds de la France » où « le peuple perd foi en lui-même », elle a appelé à construire un pays rassemblé, uni et fier de lui-même. Elle a déroulé le fils d’une « longue épopée des amoureux de la patrie », évoqué les épisodes constitutifs de ce « miracle toujours renouvelé de la survie de la France » : le miracle qui a transformé une petite bergère, une petite paysanne lorraine, en sainte et en guerrière, capable d’unir la France et de la relever. Citant le résistant gaulliste Maurice Druon (« l’unité se dissout quand la grandeur s’effondre »), elle a essaimé quelques uns des grands épisodes de notre pays : la bataille de Bouvines, les volontaires de l’an 2, les paysans insurgés de 1870, les tranchées de 14-18, les résistants du Vercors et jusqu’à la victoire du « non » en 2005.

Notre présidente a appelé les militants et les sympathisants à « transformer nos victoires idéologiques en victoires politiques » : elle a appelé à un travail patient, inlassable, à une pédagogie de notre programme, à une exigence intellectuelle constante. Les militants ne doivent pas céder aux sirènes d’associations extrémistes isolées, qui nourrissent une stratégie de la tension et qui voudraient nous mener dans une impasse. La persévérance, le souci de la bonne expression, la soif de connaître et de comprendre le monde, le rejet de l’excès, le sens de la France doivent être des qualités indispensables pour l’emporter.

Marine Le Pen a défini ce qui apparaît comme la politique du système – cette impuissance organisée par la faiblesse de nos dirigeants. La politique du système, « c’est cette folle politique de l’euro, du libéralisme à tout crin, de l’ouverture des frontières, de l’immigration incontrôlée, de la soumission aux intérêts allemands, de la mise à la remorque des Etats-Unis, de la fausse lutte contre l’insécurité, de la saignée de nos forces de police et de défense, de la mise en coupe réglée de notre pays ». Elle a dénoncé un possible retour de Sarkozy, « vieux politicien couturé de cicatrices, depuis 30 ans immergé dans le système » et rappelé que sous son mandat, la dette s’est creusée, l’insécurité et les flux migratoires ont explosé, les riches se sont enrichis plus encore, et la France a cédé le pas devant une Europe intrusive. À la « veule complaisance » de la droite répond, par écho, cette pseudo-gauche « qui rêvait du grand soir et se retrouve dans la suite nuptiale d’un mariage homosexuel ». C’est contre cette politique au profit des mêmes catégories, qui offre la protection de l’Etat à ceux qui n’ont pas besoin d’être protégés, que nous nous levons.

Notre présidente a repris les grandes orientations programmatiques du mouvement. Elle a rappelé que notre nation devait être « ouverte sur le monde, mais attentive à elle-même, et d’abord au bonheur de son peuple ». La lutte contre l’immigration doit être ferme, la République doit s’affirmer partout face au communautarisme qui tribalise la France et l’emmène vers la voie anglo-américaine, la sécurité doit être rétablie. Mais il s’agit aussi de combattre l’impérialisme bruxellois et la haute finance, de rompre avec une austérité absurde, de réindustrialiser le pays par la voie du patriotisme économique et par la protection de nos intérêts stratégiques. Promesse trahie de François Hollande, la séparation des banques de dépôts et des banques d’affaires est une urgence.

Marine Le Pen a défini le peuple et la nation non comme une « somme d’individus » ou l’addition « d’histoires individuelles et d’intérêts catégoriels », mais comme « des réalités immatérielles, la conscience d’une histoire qui nous a forgés, un collectif, un esprit de sacrifice, la communion de valeurs ». Elle s’en est prise à une mondialisation sauvage qui « défait la nation, l’école de la République, la famille », qui « balade les peuples d’un continent à l’autre, les considère comme une main-d’oeuvre transportable et malléable à merci », qui forme « des individus enfermés dans de multiples communautés hostiles entre elles », qui cherche « le choc des civilisations », qui établit « une société où tout s’achète et tout se vend ». « Nous sommes en lutte contre la mondialisation sauvage », « nous sommes profondément patriotes », a-t-elle martelé. La nation est le « cadre indépassable de la puissance collective dans un monde qui change », elle est le seul élément stable et familier : elle seule peut réconcilier les Français de toute origine et de toute croyance, dans le respect de son esprit, de ses lois et de son histoire. C’est le sens de la priorité nationale, qui bâtit la protection de tous les Français.

Cette priorité nationale, objet de toutes les attaques médiatiques et politiques, est pourtant le fruit du bon sens, la limitation nécessaire de la solidarité à ceux qui se reconnaissent peuple. Elle consacre la mesure face à l’hubris, elle rompt avec une ouverture indéfinie qui vide la substance même des efforts du peuple français. Parce que nous formons un peuple sur un territoire, soumis à des lois propres et unis par la lente maturation de l’histoire, notre solidarité s’applique prioritairement aux nôtres. « Les frères s’unissent en excluant », comme le dit si bien Régis Debray.

Enfin, si Marine Le Pen a appelé à rétablir l’autorité de l’État « de l’école à la rue, de la banque à la grande distribution », elle a défendu la « liberté chérie » de notre hymne la Marseillaise, qui est celle de la nation souveraine : il n’y a pas de liberté sans souveraineté, sans une justice intègre et indépendante, sans protection des plus faibles.

Les médias auront beau essayer de résumer le Front national à des provocations de mauvais goût, isolées et souvent le fait de groupes n’appartenant pas à notre parti, c’est la puissance du discours et la jeunesse de la foule qui frappent les esprits. Rien n’arrête la force irrépressible du bon sens. Ce discours sur l’unité de la République, sur la méritocratie, sur la nécessaire alliance de la souveraineté, de l’identité et de la justice sociale fera date : il unissait les différents enjeux de notre temps pour faire émerger une vraie vision d’ensemble – de chef d’État.

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