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Dans « Les Échos », il fallait lire François Fillon !

Dans « Les Échos », il fallait lire François Fillon !

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Tribune libre de Donatien Véret, Secrétaire départemental du FNJ – Val-d’Oise

Dans le journal Les Échos du 23 avril 2013, il fallait lire l’entretien de François Fillon, qui réunit toutes les caractéristiques de l’hypocrisie politicienne. Après s’être bâti une stature d’homme équilibré et de recours potentiel (« Entre la faiblesse du président et la montée des extrêmes, le risque de voir le pays glisser vers une situation dans laquelle il serait ingouvernable n’est pas à exclure »), le président du groupuscule R-UMP développe toute une série de mesures profondément anti-sociales et contraires à notre histoire.

Plutôt que de questionner le cadre imposé à l’activité économique française, en abordant la question de l’euro trop fort, les distorsions de concurrence liées à l’environnement international ou les dogmes européens de la « concurrence libre et non faussée », François Fillon prône la casse du système français : une baisse du coût du travail de 5 à 6% compensée par une hausse de la TVA et une augmentation immédiate du temps de travail ! Les Français, qui fournissent déjà de nombreux efforts sans contrepartie (pendant que les impôts augmentent, les services publics se dégradent, et les gabegies continuent), devraient selon lui travailler 39h payées 35, et jusqu’à 65 ans. Cela revient au final à s’aligner sur l’Allemagne en utilisant les salaires comme variable d’ajustement, et avec les salaires le bien-être des travailleurs.

Monsieur Fillon propose ensuite la fusion des départements et des régions, dans la droite ligne de « l’Europe des régions » défendue par Bruxelles : l’objectif, à terme, comme cela existe d’ailleurs déjà, c’est un dialogue direct entre les régions et la Commission européenne, au nom d’une pseudo-efficacité économique et d’un dévoiement du principe de subsidiarité. Enfin, notre grand bourgeois balladurien déplore que les Alsaciens n’aient pas voulu de la fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et propose une « organisation du territoire à la carte » : ce qui revient à fragiliser l’organisation unitaire et égalitaire de notre État-nation, en mettant fin aux solidarités interterritoriales qui amortissent encore (et pour combien de temps?) les effets de la crise…

Dans le même registre hypocrite, François Fillon égale presque François Bayrou. Ce dernier garde la première place du podium, pour sa capacité à expliquer, avec bonhomie, que la France doit aller vers le modèle allemand de déflation salariale, de compression de la demande intérieure et de mini-jobs sous-payés, et que les traités européens nous mènent à la catastrophe… tout en les ayant soutenus !

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