Retrouvez le FNJ sur les réseaux sociaux

Le PS et ses alliés contre l’école et la culture ?

Le PS et ses alliés contre l’école et la culture ?

63064235

Tribune de Donatien Véret, secrétaire départemental FNJ du Val-d’Oise

Alors que le Parti socialiste et ses amis s’enorgueillissent d’être des intellectuels, attachés à la valorisation du statut de l’enseignant et à la culture, plusieurs éléments tendent à démontrer l’inverse : le budget alloué au Ministère de la Culture a été diminué, alors que le président Hollande promettait une sanctuarisation de ces dépenses ; la bibliothèque des Luynes est menacée de dispersion, comme nous l’apprend Karim Ouchikh dans un communiqué officiel ; la Ministre de l’Enseignement supérieur Madame Fioraso fragilise l’identité linguistique de notre université, soumise comme les autres à l’uniformité anglo-américaine1

Nous apprenons aujourd’hui que le Ministre de l’Éducation nationale, le « philosophe » Vincent Peillon, compte supprimer le CAPES de lettres classiques, qui deviendrait un CAPES « à option lettres classiques » : c’est une nouvelle démission devant la standardisation massive du monde. Son rapport sur la « morale laïque » est un tissu de banalités à la sauce postmoderne, qui ne pénètrent jamais le cœur du sujet : quid de la remise en cause du pédagogisme, importé d’Amérique, puis infiltré pernicieusement via l’école privée ? Quid du rétablissement de la méthode syllabique dans l’apprentissage de la lecture ? Quid de l’affaissement du socle des enseignements fondamentaux, dont le français amputé de nombreuses heures de cours ? Quid de l’échec manifeste de l’apprentissage des langues vivantes à l’école primaire, en l’absence de maîtrise de la langue nationale ? Quid du rétablissement de l’autorité du Maître et de la sanctification du savoir dans ce qui doit être son sanctuaire ? Les socialistes achèvent l’oeuvre de l’UMP : ils transforment l’école en « fabrique du crétin », comme l’avait si bien dit Jean-Paul Brighelli2.

Bref, le gouvernement détruit un peu plus de notre substance culturelle et de notre indépendance nationale. Quel socialiste pourrait dire aujourd’hui, comme Jean Jaurès : « Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin, ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples… » Tout y est : le patriotisme, la communauté nationale, les enseignements fondamentaux, la morale publique, qui dépassent le simple utilitarisme. Mais c’est vrai qu’à l’heure où Marcel Gauchet signale qu’il est devenu difficile d’apprendre à lire-écrire-compter, le plus urgent semble d’inculquer le multiculturalisme à l’école…

Par ailleurs, c’est une erreur majeure de croire que l’enseignement français uniformisé peut répondre en quoi que ce soit aux défis de la mondialisation : tout au contraire, un rapport du Conseil d’analyse stratégique, paru en février 20133, souligne les vertus de l’enseignement des « humanités ». La stratégie du PS est une catastrophe à tous les niveaux : elle forme des idiots, au double sens grec et moderne d’hommes retranchés dans leur seule sphère privée et d’imbéciles ; elle forme des professionnels aveuglés par leur spécialisation, et sans culture classique. Le modèle français, équilibre subtil entre une tendance égalitaire et une tendance élitiste (reliées par la méritocratie républicaine), est gravement atteint.

Dès lors, on se demande, avec Jaime Semprun et Jean-Claude Michéa : « quels enfants allons-nous laisser au monde ? »4

1 Voir le communiqué officiel de Julien Rochedy.

2 Dans un livre éponyme qui avait fait quelque bruit.

3 « Les humanités au cœur de l’excellence scolaire et professionnelle », Conseil d’analyse stratégique, février 2013.

4 Jean-Claude Michéa, L’enseignement de l’ignorance.

    API Twitter non configurée.