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Islam et République, par Véronique Fornilli

Islam et République, par Véronique Fornilli

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Compte-rendu de Véronique Fornilli, Secrétaire départemental FNJ – Seine-et-Marne. 

Ce jeudi 11 avril, se tenait à l’espace Moncassin à Paris un colloque du Club « Idées Nation » sur le thème « Islam et République ». 

Après un mot de bienvenue de Louis Alliot, Bruno Lemaire secrétaire général du Club « Idées Nation », nous expose le projet à l’origine de la création de ce Club : Réunir des intervenants de toutes origines autour d’un sujet afin de débattre dans l’intérêt unique de la France.

Le premier intervenant à prendre la parole est Wallerand de St Just, avocat et trésorier du Front National qui intervient sur le thème : « Montée du communautarisme en France : Islam et Christianisme face à la laïcité  ».

Wallerand de St Just présente l’évolution du religieux et du politique dans l’Histoire, jusqu’à la séparation de L’Eglise et de l’Etat qui intervient en France en 1905. Il explique que l’époque où la Religion, c’est-à-dire le Christianisme, servait de structure à la société est aujourd’hui révolue, ce qui entraine l’obligation pour le politique d’assurer de plus en plus cette fonction.

C’est dans ce contexte qu’apparait  en France l’Islam qui, contrairement au Christianisme, ne différencie pas le spirituel et le temporel et confond la loi civile avec la loi divine (la « charia »).

La seconde intervention, de René Marchand, ancien journaliste, écrivain et islamologue, s’intéresse à « la confrontation des concepts de l’Islam fondamentaliste avec les valeurs de la société française».
René Marchand définie l’Islam comme « une idéologie totalitaire », « un totalitarisme expansionniste et guerrier ». Il rappelle ensuite l’histoire du prophète Mahomet et de la naissance de l’Islam au VIIème siècle après JC.  Il explique que la « charia », la loi islamique, s’est constituée selon le principe de la « sunna » qui fonde la Loi sur le précédent, à partir de la vie du prophète. Les décisions de Mahomet deviennent une loi divine, universelle et non discutable, qui constitue à la fois le droit publique et privé en terre d’Islam. Ainsi, selon René Marchand, il est nécessaire de faire un choix entre la loi islamique et les lois de la République. Dans ce sens, il soutient la proposition de Marine Le Pen et du Front National d’interdire le port du voile et de la kippa dans l’espace publique.

Ensuite, Thibaut de La Tocnaye, ingénieur centralien, chef d’entreprise et conseiller régional PACA prend la parole afin d’évoquer «Les courants islamistes en France ».

Thibaut de La Tocnaye rappelle le phénomène, heureusement minoritaire, de radicalisation de certains musulmans français, notamment par le biais de prêches prononcées dans certaines mosquées, souvent en arabe, qui prônent la haine de la France. Il s’interroge ensuite sur le concept de dhimmitude, appliqué à des degrés variables dans la quasi-totalité des pays musulmans, qui établit l’inégalité entre les citoyens selon leur religion. Thibault de la Tocnaye souligne l’incompatibilité entre cette distinction et le concept de la citoyenneté unique, fondement de la Constitution française.

Il affirme qu’au moins 400 versets du Coran sont en opposition avec la législation française, notamment ceux abordant la discrimination religieuse mais aussi les versets qui incitent à la vengeance personnelle (loi du Talion), à la discrimination sexuelle, à la guerre…
Ces problèmes ne peuvent être ignorés et, pour Thibault de la Tocnaye, un débat sur ces sujets est nécessaire.

Après un premier temps consacré au débat au cours duquel les participants ont pu interroger les orateurs sur certains points de leurs interventions respectives, François Constantini, professeur à l’Université de Beyrout intervient sur le modèle libanais, système qui repose sur le partage du pouvoir politique entre les différentes communautés. Il explique la constitution de l’Etat libanais autour de trois communautés majoritaires  que sont les chrétiens maronites, les musulmans sunnites et les musulmans chiites.

Pour François Constantini, la tentation communautaire engendre un risque de perdre le lien qui existe entre l’individu et la Nation. Il  est selon préférable de privilégier l’individu et le citoyen  plutôt que la communauté dans son ensemble.

Pour cette raison, il approuve la proposition de Marine Le Pen et du Front National d’inscrire dans la Constitution la non-reconnaissance des communautés.

L’intervenant suivant est Camel Bechikh, président de « Fils de France » qui traite des « Musulmans de France, quelles réalités, quels clichés ? » Pour lui, l’Islam en France recouvre un prisme d’idéologies religieuses très variées, des fondamentalistes salafistes aux associations de jeunes musulmans gays. De plus, il souligne que tous les musulmans français ne sont pas pratiquants. Il rappelle que l’on trouve au sein de l’Armée française de jeunes musulmans qui ont fait le choix de se battre pour leur pays.

Il conclue son intervention en affirmant que la spiritualité des musulmans n’est pas incompatible avec l’attachement à la Nation et que l’on peut se sentir français avant d’être musulman.

Le Pasteur Saïd, pasteur protestant d’origine musulmane nous raconte ensuite, avec beaucoup d’humour, son parcours : « le parcours d’un Beur chrétien ». Il considère que l’intégration des immigrés ne peut pas être passive et qu’il leur est nécessaire d’accepter les valeurs et lois françaises.
Il s’interroge sur la capacité des pays musulmans à accepter, de façon réciproque, l’intégration des chrétiens.

Cette intervention est suivie d’un second débat entre les participants et les orateurs.

Enfin, Soraya Djebbour, professeur de Lettres dans un collège de banlieue témoigne de « l’évolution des comportements depuis 20 ans à l’Ecole de la République. »
Elle expose les problèmes liés au port du voile à l’école, interdit dans les écoles publiques depuis 2004, le refus d’étudier certaines parties des programmes scolaires tels que l’étude de la Bible, parmi d’autres textes fondateurs prévu en sixième, les pressions exercées sur certains élèves afin qu’ils respectent le jeûne du Ramadan…

En conclusion, Thibaut de la Tocnaye rappelle que si certaines branches radicales de l’Islam sont en contradiction évidente avec les lois de la République, la question de savoir s’il existe un Islam compatible avec la République française doit être posée. Le colloque d’aujourd’hui aura permis d’ouvrir ce nécessaire débat.

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