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Que font ces partisans de la démondialisation dans un gouvernement libre-échangiste ?

Que font ces partisans de la démondialisation dans un gouvernement libre-échangiste ?

arnaud-montebourg

Tribune libre de Donatien Véret, secrétaire départemental FNJ du Val-d’Oise

À l’occasion d’un entretien dans Le Monde, le Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, s’est attaqué à l’Union européenne, dans des termes que nous partageons : il a critiqué le déficit démocratique de l’Europe, l’absence de débat sur les causes et les conséquences de l’austérité, « qui nous entraîne collectivement dans une spirale récessive ». Conscient de l’impasse économique et politique imposée par l’Union européenne, qu’attend Arnaud Montebourg pour démissionner ? Comment Arnaud Montebourg, auteur du livre La démondialisation (préface d’Emmanuel Todd), peut-il se contenter d’agiter les bras, de critiquer l’Europe, tout en restant dans un gouvernement qui prend ses ordres à Bruxelles ?

Que l’on se souvienne de l’excellente tribune d’Aquilino Morelle dans le même journal, en septembre 2011, où ce conseiller de François Hollande dénonçait le rôle de la gauche dans la construction idéologique de la mondialisation, en citant le livre Capital Rules : The Construction of Global Finance de Rawi Abdelal. Il y denonçait le rôle de Jacques Delors, Pascal Lamy et Michel Cambdessus, « ces hommes de gauche français [qui] ont ainsi créé un nouveau Moloch libéral, qui a dévoré toute la gauche européenne ». Monsieur Morelle ajoutait : « L’année 1983 n’a pas été l’année de la capitulation de la gauche française devant la finance, mais celle de son ralliement à celle-ci ! » (à cette époque, et pendant 20 ans, Mélenchon n’a guère aboyé…)

Il terminait sur une pointe de lyrisme : « Pour la gauche, le temps de la confrontation avec la finance, frappée d’hubris, est venu. L’heure de rendre la République plus forte que l’économie a sonné. » Où sont passées aujourd’hui les promesses de domestiquer la finance ? Où sont passées les promesses du socialiste Henri Weber de promouvoir le « juste échange » au détriment du libre-échange ? À quoi servent les Arnaud Montebourg, les Aquilino Morelle, les Emmanuel Todd, s’ils se contentent de valider le faux clivage gauche-droite et de mystifier les Français ? Qu’ont-ils à dire sur l’acceptation prochaine de l’accord de libre-échange transatlantique et le pétard mouillé de la réforme bancaire ? Ces soupapes du système ne font que retarder l’émergence des vrais enjeux idéologiques de notre temps : la recomposition politique française autour des partisans du libre-échange dérégulé, de l’effacement des nations et de la finance reine d’un côté, des tenants de la justice sociale par la protection économique, du recloisonnement bancaire et du patriotisme de l’autre.

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