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Compte-rendu de la réunion du 20/03/2013 avec Nicolas Bay

Compte-rendu de la réunion du 20/03/2013 avec Nicolas Bay

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Par Donatien Véret, secrétaire départemental FNJ – Val-d’Oise.

Le Forum (165 rue Jeanne d’Arc, Paris 13ème) a eu l’honneur d’accueillir Nicolas Bay, secrétaire général adjoint du Front national et directeur de campagne des municipales 2014 dans les communes de plus de 3500 habitants. Il est intervenu sur le thème « les jeunes et les enjeux des municipales ». C’était l’occasion pour lui de nous rappeler l’importance fondamentale des élections intermédiaires, marche-pied pour la conquête du pouvoir. En effet, Marine Le Pen souhaite rompre avec la tendance de notre parti à considérer la présidentielle comme la « mère-bataille », en se souciant moins des autres batailles électorales et notamment locales. Notre présidente a aussi opéré le désenclavement politique du mouvement (la fameuse « dédiabolisation »), en rehaussant le niveau d’exigence du parti, et en popularisant le volet économique et social de notre programme : si la lutte contre notre politique migratoire et contre l’insécurité reste un thème fondamental ainsi qu’une préoccupation majeure de nos compatriotes1, on entend désormais le Front sur l’Union européenne, la fiscalité des petites entreprises ou le protectionnisme. À l’occasion de la présidentielle 2012, nous avons pu voir, via différentes enquêtes, que l’électorat de Marine Le Pen exprimait un vote d’adhésion, là où les électeurs de Sarkozy et d’Hollande exprimaient un vote de défiance mutuelle. Depuis son accession à la présidence, les adhésions sont d’ailleurs passées de 20 000 à 60 000.

Les municipales s’inscrivent dans cette perspective de croissance. Elles doivent nous permettre de gérer concrètement des localités et de construire un maillage serré d’élus locaux. Les défis majeurs auquel nous sommes confrontés seront ainsi l’enracinement, l’incarnation du parti dans les territoires, le défi constant et difficile de la crédibilité, et le passage d’un parti de contestation et de proposition à un parti de pouvoir et de gestion. De notre capacité à gérer des mairies découlera notre capacité à prendre et à exercer le pouvoir régional, puis national. Si l’implantation manque, le parti est condamné à une politique hors-sol, limité à des coups d’éclat sans lendemain ; sans assise et sans fief, on ne peut s’inscrire dans la durée. Même si les victoires seront probablement rares et symboliques (Hénin-Beaumont, Tarascon, peut-être Fréjus ou Carpentras), la présence d’élus est capitale et il ne faut plus se priver de la meilleure formation politique existante, à savoir la joute dans les conseils municipaux.

Nicolas Bay est revenu longuement sur la nécessité d’être présent auprès des Français, de créer et de pérenniser un lien charnel avec eux. Il faut se méfier de la démobilisation. Seul ce travail de terrain, qu’il a décrit comme ingrat, dur, peu visible mais irremplaçable, pourra nous permettre de remplacer la classe politique locale et de rompre avec un faux clivage gauche-droite qui s’éternise (à cette occasion, il a rappelé l’un des symboles de la collusion entre le PS et l’UMP : la ratification à l’identique du traité « Merkozy » tant critiqué par Hollande). C’est cette proximité avec les Français qui permet aussi de comprendre leurs soucis et les ressorts de leur vote (l’état de l’opinion).

À cet effet, le FN devrait bientôt irriguer la France de questionnaires à destination des administrés pour recueillir leurs doléances et leur redonner la parole. Nicolas Bay a rappelé que les jeunes avaient toute leur place dans ce dispositif : ce sont eux qui peuvent recréer du lien humain dans une société individualiste et consumériste, où le militantisme est en crise ; ce sont eux qui peuvent déployer l’énergie nécessaire à ce travail de terrain, qui permet de déceler les talents inconnus qui nous entourent ; ce sont eux qui assurent la cohésion du mouvement par leur esprit de camaraderie. Il nous a conseillé d’être exigeants avec nous-mêmes, en apprentissage perpétuel, et de ne pas céder aux excès en tout genre : nous devons nous montrer dignes de porter le mouvement national et d’incarner un vrai patriotisme de combat.

Nicolas Bay a insisté sur l’importance de la réactivité (par exemple par la diffusion de tracts ciblant l’actualité récente) et nous a donné quelques clés pour constituer une liste (et notamment, aussi étonnant que cela puisse paraître, le porte-à-porte). Il a rappelé que les enjeux des municipales n’étaient pas seulement locaux : le scrutin aura bien sûr une dimension nationale, notamment via le vote-sanction. Il faudra donc articuler intelligemment les deux dimensions. Nous nous sommes un instant intéressés aux grandes villes, notamment Paris, dont la sociologie nous est défavorable : nous devons garder à l’esprit que notre message patriotique et populaire a vocation à transcender les appartenances sociales, et qu’aucune ville n’est « imprenable ». Si le Front national a le meilleur potentiel chez les classes populaires et les classes moyennes, il ne doit pas se couper des classes supérieures soucieuses de l’avenir du pays.

Notre invité du jour ne s’est pas contenté de parler des municipales. Il a développé notre vision d’une économie au service du politique, et de la monnaie au service de l’économie, en rupture totale avec un système où les peuples sont les variables d’ajustement (on sacrifie par exemple le système social et sanitaire grec pour sauver l’euro). Il a dénoncé l’avenir attalien que l’on cherche à nous imposer, où tout homme est acteur ou produit économique, détaché de tout lien national et familial : un monde où la mobilité est érigée en principe absolu, au profit des marchés. L’ouverture des frontières, qui permet au grand patronat d’importer de la main-d’oeuvre à bas prix, conduit à la déflation salariale ou, pire encore, au départ des ouvriers français vers des usines à l’étranger. Il rappelé notre attachement au modèle français d’assimilation, aujourd’hui délaissé au profit de l’intégration à l’anglo-saxonne, c’est-à-dire d’un modèle multiculturel de juxtaposition des communautés : le Front national prône au contraire la « francisation », l’adoption de notre culture par ceux qui vivent en France, ce qui n’empêche pas, dans le privé, de garder une sympathie particulière pour la culture ou le pays de ses parents. Dans cette optique, le Front national accueille tous les patriotes sincères, quelles que soient leurs options religieuses ou leurs origines, et récuse les sectarismes. La fraternité française ne s’exprime que dans la cohésion nationale.

Enfin, Nicolas Bay s’est élevé avec vigueur contre le véritable colonialisme de notre temps, jamais abordé par les rentiers de la critique du colonialisme français : la domination financière d’une élite mondialisée sur l’Europe (que l’on songe à Goldman Sachs), l’Afrique ou le Moyen-Orient, via des guerres d’asservissement. Semer le chaos, déstructurer le monde, bafouer les intérêts vitaux et les identités des peuples au profit d’une minorité : c’est cela, la vraie colonisation de notre temps.

 

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