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Analyse de La France orange mécanique par Nicolas Reynès

Analyse de La France orange mécanique par Nicolas Reynès

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Tribune libre de Nicolas Reynès, Secrétaire départemental du FNJ – Nord-Flandre

Comme Laurent Obertone nous sommes descendus dans les sous-sols du vivrensemble, et nous n’avons pas aimé ce que nous avons vu.

Nous avons lu avec intérêt La France Orange Mécanique de Laurent Obertone. Pour un premier livre, c’est un essai d’une force remarquable dont nous saluons le travail de recherche et l’esprit d’analyse. Nous l’avons lu, parcourus d’émotions en apparence contradictoires, partagés entre le sarcasme et le dégoût, l’amusement et le désespoir, l’ironie et la rage. Il a dans l’existence même de ce document une considération triste : c’est qu’il a sa raison d’être parce que nous sommes dans une société malade, en décomposition avancée et sans doute sur le point de s’effondrer. Car l’objet de la France Orange Mécanique n’est pas une monographie sociologique décrivant un “malaise” dans la société, mais une étude clinique d’une nation confrontée à son ensauvagement.

Si la violence, nom négatif de la force, est une constante de la vie humaine qu’il est vain de nier, la finalité de toutes les communautés politiques que nous nommons sociétés a toujours été de la contenir, en l’encadrant, en punissant ses excès. Toute société, qu’elle soit traditionnelle ou moderne, est régie par des règles qui fondent l’unité politique et la concorde du groupe. La loi, forme solidifiée de cet accord sur les principes de la vie en communauté, est là pour signifier ce qui est juste ainsi qu’à quoi s’expose le hors-la-loi c’est à dire la punition. Car en effet, la justice n’a de sens que si à l’occasion d’un crime ou d’un délit, une sanction soit prévue et surtout appliquée autant pour punir le fautif que réparer le tort fait à la victime, la punition faisant partie intégrante du processus de réparation des victimes pour qui justice doit être rendue. Et au delà de la victime, l’enfermement du coupable a une vertu : priver le fautif de sa liberté dont il a mal usé, c’est préserver l’ensemble de la société de ses nuisances.

Est-ce-que nous enfonçons des portes ouvertes en affirmant cela ? Cela va sans dire mais cela va mieux en le disant tellement cette chose qui semble évidente, normale, ne correspond plus à la réalité de la violence en France et surtout au logiciel intellectuel de ceux tenant depuis plusieurs décennies le pouvoir politique et le système judiciaire. Le livre d’Obertone foisonne d’exemples illustrant l’impunité dans laquelle sévissent des délinquants multirécidivistes, ne craignant ni la sanction morale ni la sanction pénale.

Une criminalité caractérisée par une violence extrême, gratuite mais surtout banale

L’agression gratuite, un fantasme ? Il suffira à l’homme de la rue de puiser dans sa propre expérience pour voir s’il ne trouve pas trace dans sa mémoire d’une agression qu’il a vécu ou qu’il a observé près de lui. Il a toutes les chances, s’il n’en a pas été victime directement, d’avoir été témoin d’une telle scène et il conviendra qu’on peut tout à fait se faire chercher noise pour rien. Rien ou presque rien, puisque les voyous, grands sensibles, prennent le prétexte d’un simple regard de travers pour justifier leur acte. Il faudra, avec beaucoup de sérieux, qu’on nous explique comment se reconnaît un regard de travers et pourquoi est-il interprété comme tel par des individus déjà agressifs et qui s’en prennent à des quidams qui n’ont rien demandé. Pour le moment, nous avouons notre incompétence à lui trouver une définition sérieuse. Agression pour rien aussi, parce que le motif invoqué est parfois d’une telle futilité, comme une cigarette, une feuille, un texto, un numéro, qu’on est sidéré par le déferlement de violence qui en découle.

C’est parce que la criminalité de la France contemporaine se singularise par une violence inouïe et surtout gratuite qu’il est pertinent de parler d’un ensauvagement du pays. Quand le délicat verni de la civilisation craque, ce qu’on découvre en dessous n’est vraiment pas joli pour les âmes policées. Peut-être que nos Maîtres, nos professeurs de vertu et consultants en diversité n’imaginaient pas que les sous-socialisés qu’allaient engendrer leur morale profiteraient de la permissivité de notre époque libérale économiquement et libertaire moralement, depuis qu’il est interdit d’interdire, pour aller aussi loin dans la malfaisance et la nuisance envers autrui. Le petit caïd de banlieue applique à la lettre la pensée dominante de son temps, voulant tout et tout de suite, convoitant les attributs de la réussite matérielle et sociale dans une époque qui valorise le divertissement plutôt que le travail productif. Nous voilà confrontés à une situation explosive : D’un côté l’apparente abondance des biens matériels et le rêve toujours stimulé d’un prestige social, de l’autre des ressources matérielles et intellectuelles limitées pour obtenir tout cela immédiatement. Cette frustration des temps modernes a de quoi pousser certains à s’asseoir sur les règles du jeu en enfreignant la loi pour obtenir tout de suite satisfaction de leur désirs. Dans ces circonstances, qu’il s’agisse du nouveau gadget à la mode bourré de technologie mais hors de prix ou bien de la jolie jeune fille mais dont il n’a pas une image très respectable à cause des films pornographiques qu’il a visionné dans sa misère sexuelle, le sous-socialisé est tenté de forcer les choses pour obtenir tout ce qu’il désire immédiatement. Et puisque dans le même temps nos Maîtres l’ont déshinibé des scrupules qu’il aurait pu avoir contres ces comportements condamnables, il ne se prive plus de punir le bolos qui sans doute cherche à le narguer avec son gadget ou cette sale blanche qu’il convoite sans pouvoir l’obtenir autrement que par la contrainte.

Une immigration de peuplement voulue par une élite, subie par le peuple, qui forme l’essentiel des bataillons de criminels de ce pays.

L’immigration de peuplement voulue et organisée par les élites aura importé sur le territoire français plusieurs millions d’allogènes extra-européens. Une arrivée aussi massive d’étrangers culturellement très différents de notre peuplement historique sur une durée de temps aussi réduite ne pouvait que se faire dans la douleur. Il existe bel et bien une sureprésentation des populations immigrées d’Afrique noire et du Magrheb comparativement à leur poids démographique total en France. Affirmer ce fait (qui en soi n’a pas de connotation particulière) facilement observable et sourcé par Obertone et d’autres avant lui, relève d’une indécence tellement grave pour les progressistes dépositaires du Bien que tous ceux faisant référence à ces statistiques sont cloués au pilori de l’infréquentabilité. Laurent Obertone ainsi que les autres voix qui ont osé braver l’interdit moral sur ce sujet, affirme cette chose établie qu’il existe des déterminantes culturelles et communautaires dans la sociologie des criminels de ce pays. Il est fallacieux d’attribuer à un contexte socio-économique l’entière responsabilité de la délinquance alors que les communautés ne réagissent pas de la même façon, toutes choses égales, selon les groupes d’appartenances.

Une forte récidive due à une impunité des délinquants (saturation des prisons, peines courtes voir non-exécutées, etc.)

Pourquoi un délinquant récidive-t-il ? D’une part parce qu’il est structurellement sous-adapté à la société qui elle-même n’apporte pas des réponses fortes adaptées (l’enfermement long) à sa déviance légale et sa dangerosité.

D’autre part, les courtes peines qu’il risque (et souvent réduites à peu de chagrin avec le système des remises de peines), voir l’absence de peine de prison (actuellement toutes les peines inférieures à deux ans fermes ne sont jamais purgées par manque de places) ne l’incite pas à la prudence, le risque de finir au trou pour une longue période étant bien inférieur au bénéfice qu’il tire de ses crimes et délits. Nous avons pu découvrir dans la France Orange mécanique, chiffres à l’appui, que la récidive était moindre pour les criminels condamnés à de longues peines plutôt que ceux dont les peines étaient plus courtes, en dessous de 5 ans, et dont la probabilité de récidive était bien plus grande. Comme quoi, un long séjour au trou, ça calme. La prison est-elle une épreuve si terrible que cela ? Nous pourrions parfois en douter, eu égard à la récidive constatée chez ceux y faisant un séjour express, car sinon, la crainte d’y retourner motiverait davantage à la retenue et la bonne conduite les ex-détenus passés entre ses murs.

Une justice laxiste, gangrenée par la culture de l’excuse, qui veut comprendre les criminels et qui oublie les victimes.

Peut-être est-ce le plus grave aspect de La France Orange Mécanique, cette inertie judiciaire.

Des délinquants rendus coupables de viol ou d’agression et qui n’en sont pas à leur premier sale coup seront heureux d’apprendre qu’en pays des droits de l’homme (mais pas des victimes) ils peuvent s’en sortir sans peines de prison avec simplement du sursis. Des juges d’application des peines se permettent sans contrôle hiérarchique et dans le plus total arbitraire de relâcher selon leur bon vouloir des individus dangereux qui n’ont pas exécuté la moitié de leur peine, en s’asseyant sur le jugement rendu et sur la douleur des victimes. Ces champions de l’humanisme renversé estiment qu’il faut redonner une chance, nous dirons, un ticket pour un nouveau crime, à ces pauvres bougres qui se sont retrouvés en prison par un malheureux concours de circonstances. Mais les juges ne sont pas seuls dans ce processus de décision, secondés qu’ils sont d’auxiliaires zélés que sont les experts. Dans la galaxie progressiste, ils sont parmi les plus nuisibles à l’ordre social en délivrant leurs avis marqués du sceau de l’autorité scientifique. Exemples à l’appui, Obertone décortique les avis hallucinant rendus par ces compétiteurs moraux de haute voltige, capables d’assurer sans sourciller qu’un délinquant sexuel déjà condamné à de nombreuses surprises pour agression, tentative de viol ou viol, ne représente plus un danger pour la société depuis qu’il a dit qu’il regrettait et qu’il allait se soigner.

Et puis il y a la détresse, pas celle des victimes, non non, celle des prévenus ! Les experts, en renfort des avocats, viendront expliquer que Monsieur le Prévenu a grandit dans un quartier difficile, qu’il a subit le rejet et le racisme, et que c’est d’ailleurs pour ça qu’il a raté sa scolarité et qu’il ne trouve pas un emploi. Son avocat et un sociologue diplômé d’Etat viendront, l’un pour le défendre, l’autre pour l’expliquer, chacun sur son lieu de malfaisance, dans le prétoire ou l’Université, dire que le commerce de la drogue, loin d’être de l’argent facile pour des plaisirs personnels, était un moyen, le seul moyen, de faire vivre sa famille, comme si elle était privée de la généreuse aide sociale obtenue grâce aux producteurs de richesse de ce pays d’égoïstes. Il s’en trouvera toujours, des avocats et des sociologues, pour trouver une raison audible quand Souleymane le boxeur, devenu Vladimir, pour ne pas stigmatiser les Tchètchènes mais en stigmatisant plutôt les Russes), du haut de ses 1m80, étrangle le petit Killian à Rennes. Il n’y avait rien à pardonner à Souleymane. Oui, c’est vrai tout ça, répondrons les bonnes âmes. Mais Souleymane était issu d’un milieu défavorisé, rajouteront-ils.

Nous ne sommes pas du tout convaincus que la pauvreté engendre le crime en général, puisqu’il existe des familles vivant dans le dénuement le plus scandaleux qui demeurent honnêtes. Qui plus est, la détresse matérielle, si elle pourrait expliquer le vol des biens de premières nécessités, n’explique en rien le déferlement de violence et de haine qui caractérise les agressions de la France contemporaine. De plus, on se permet de rire de bon coeur si quiconque nous affirme en gardant son sérieux que la majorité des vols commis dans ce pays sont le résultat d’une urgence vitale telle que manger, se loger et se vêtir (pour se protéger, pas pour être à la mode). Les vols, ainsi que les trafics, sont plutôt la poursuite par des moyens illégaux d’une course pour le confort matériel d’une société de l’avoir omniprésent. Voler, trafiquer, permet de gagner et d’accumuler rapidement, aux dépends des producteurs réels de richesses, des moyens de satisfaire la frénésie de consommation d’un mode de vie devenu une obsession.

Plus largement, un système dominé intellectuellement par une morale décadente (remise en cause de la prison, compétition morale, à qui sera le plus progressiste et tolérant etc.)

Stéphane Hessel est mort. Laurent Obertone est vivant. Là est l’injure pour les progressistes. Maintenant que l’indigné en chef n’est plus, la compétition morale est ouverte pour le remplacer, avec des compétiteurs de talents, la barre étant déjà très haute.

Pas étonnant en ces circonstances que Laurent Obertone, bien au delà de son livre, soit attaqué si violemment par les petites frappes du système médiatique à la morale bien comme il faut, en témoigne la lamentable prestation d’Aymeric Caron sur le plateau d’On n’est pas couché (02/03/2013) qui avait le visage déformé par la haine quand il s’adressait à Obertone en des termes orduriers. C’était sans parler du néant sidéral entourant les prises de position de la brochette d’artistes branchés qui n’ont fait que répéter à l’unisson le catéchisme bien-pensant en mobilisant tous les poussifs de la culture gauchiste dont ils sont les fruits et les ardents défenseurs (il faut bien manger). De toutes les bassesses dont ont été capables ces lamentables gauchistes culturels à l’égard d’Obertone, tous gonflés de pathos et dopés à la compétition morale, les insanités de Caron ont été les plus violentes. Mustapha El Atrassi, qui a l’insulte facile et surtout la main leste, demandez à Anne-Elisabeth Lemoine, en rajoutait dans les débilités ad hominem. C’est vrai qu’il pouvait se sentir concerné par le sujet du livre.

Dans les portraits que brossent de lui les journalopes (qui doivent aussi manger), Obertone est dénigré, mauvaise foi et procès d’intention à l’appui, pour réduire la portée de son travail en l’attaquant lui plutôt que la réalité des chiffres qu’il avance qui sont difficilement contestables (les faits sont décidément têtus et le principe du réel finit toujours par donner une gifle à toutes les représentations idéologiques du monde).

Un appareil policier organisé vers une mission : non pas éradiquer le crime, mais le rendre plus discret et contenir la colère du peuple des honnêtes gens au cas où il lui prendrait l’envie de se soulever.

C’est un fait qu’il est plus facile pour un délinquant de s’armer dans ce pays plutôt qu’un honnête citoyen respectueux des lois. Pourtant, le fait que les citoyens soient armés est la meilleure prévention contre des voyous qui se croient tout permis. La légitime défense existe encore, du moins en principe, ce qu’est devenue la justice française jetant un doute sur la garantie de ce droit plurimillénaire, des fois que le délinquant porterait plainte pour coups et blessures. Le criminel hésiterait vraiment à s’en prendre aussi facilement aux biens et aux personnes si le risque lointain de la prison était remplacé par le risque plus concret et immédiat d’être pris pour cible à son tour par des citoyens. Eh oui, pas de raison que cambrioleur, violeur, soit une carrière facile sans les risques du métier !

D’où vient en effet le pouvoir du Prince et sa légitimité ? Justement d’un contrat entre le peuple et le souverain où en échange de l’obéissance de l’un, l’autre lui garantie la paix intérieure et la sécurité extérieure (Hobbes). Quand le souverain ne remplit plus sa mission de protection, les gens n’ont pas seulement le droit d’être en colère, mais ont le devoir de se soulever.

Quelle est la mission allouée aux forces de sécurité de ce pays ? Posons la question plus finement. De qui la force publique assure-t-elle la sécurité aujourd’hui ? Est-ce celle du peuple ou celle du pouvoir en place ? La thèse que nous avançons est que les forces de sécurité de ce pays n’ont plus vocation en diminuer la criminalité mais à empêcher un soulèvement du peuple, pris d’une saine colère et d’une légitime envie de se débarrasser des élites en place.

Dans la même lignée, Jean-Marie Le Pen a assumé et pris la responsabilité de dire que les renforts policiers promis dans les villes comme Marseille n’ont plus du tout la mission de lutter contre le trafic de drogue, comme cela est claironné dans les médias, qui ne sont que le relais serviles de la parole de leur maîtres, mais de pacifier le réseau, de normaliser les relations, de délimiter les secteurs de chacun, afin que le trafic puisse se faire sans règlement de compte à l’arme de guerre, car ça fait désordre.

Quand le polythéisme des valeurs entrera en contradiction avec les injonctions du ventre, les choses rentreront dans l’ordre.

Que faire devant le mur impénétrable du déni idéologique ? Quelle attitude adopter face aux négateurs du réel et faiseurs d’opinion zélés ? Il est entendu que les détracteurs les plus féroces d’Obertone appartiennent à un monde social protégé où il fait bon vivre. A l’évidence, il est plus facile de promouvoir la diversité, de vanter les bienfaits du multiculralisme et d’encourager la mixité sociale quand on est soi-même à l’abri des effets négatifs immédiats de ces lubies. C’est au petit peuple des producteurs qu’on impose de vivre avec la diversité ethnique tandis que les oisifs de l’élite se répandent, indignés, dans les rendez-vous mondains sur l’urgence de combattre la xénophobie des classes populaires.

Il ne s’agit pas de les faire changer d’avis, ni eux, ni l’immensité des hippopotames, par des arguments. Ils sont culturellement de gauche mais ce n’est pas grave. Contrairement à Gramsci nous ne pensons pas que le pouvoir se prend par la conquête des consciences. Nous ne pensons pas que c’est en faisant changer les gens de « logiciel » mental qu’ils changent leurs actes. Nous pensons que c’est le contraire : les gens mettent en accord leur pensées, leurs discours, avec ce qui les arrangent concrètement. Nous mettons nos pensées en accord avec nos actes et non l »inverse. C’est la nature, l’instinct de survie devant la désagrégation totale de la civilisation qui va pousser les individus à se réformer en profondeur pour retrouver une morale et des institutions en conformité avec quelque chose de sain.

La morale est originairement une sédimentation des nécessités biologiques. Quand la morale devient indépendante, hors-sol, là se trouve le danger. Mais la dureté de la réalité finira par ramener à une situation saine qui viendra corriger les excès de la morale offshore. Voilà pourquoi malgré tout nous avons de l’espoir pour l’avenir.

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