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L’hallucinant Karel de Gucht dans Le Monde

L’hallucinant Karel de Gucht dans Le Monde

Karel_De_Gucht

Tribune libre de Donatien Véret, Secrétaire départemental du FNJ – Val-d’Oise

Le commissaire européen au commerce, le libéral Karel de Gucht, a estimé dans un entretien donné au Monde que la France « n’était pas un pays libre-échangiste » (sic). Il a rappelé que les négociations pour le grand marché transatlantique allaient commencer lors du sommet euro-américain de juin, prétextant que nos économies et nos sociétés étaient « très proches » et que nous allions souffrir de la montée en puissance des pays émergents. Dans ce même entretien, le commissaire balaie d’un revers de la main la surévaluation chronique de l’euro et confirme que le rôle exclusif de la BCE, c’est la lutte contre l’inflation dans un contexte déflationniste…

Voilà concentrées en un entretien toutes les tares et toutes les vues des élites européennes : un occidentalisme forcené, cimenté par le déclin économique et moral de l’Europe (auquel ils ont largement contribué) ; une absence totale de remise en question de l’esprit même de la Commission européenne ; une fascination morbide pour le libre-échange, la dérégulation, la supranationalité ; une réduction du monde et des hommes à un gisement de valeurs d’échange ; un mépris pour la démocratie, les peuples, l’histoire, en un mot : le politique. Ces propos confirment la droite ligne de l’Union européenne : depuis Jean Monnet jusqu’à la fusion NYSE Euronext, en passant par l’OTAN, une parfaite soumission aux intérêts économiques, politiques et géostratégiques des États-Unis.

Peu importe au commissaire européen que dans l’Union, le niveau moyen des droits de douane sur les produits soit passé de 14% en 1992 à 1,6% en 2006. Peu importe que selon un rapport de la Direction générale du Trésor et de la politique économique, 63% des destructions d’emplois dans le secteur industriel français soit lié à la concurrence mondiale entre 2000 et 2007. Peu importe que le cabinet Ernst & Young aille même jusqu’à estimer que l’économie de la France est plus ouverte sur le monde que celle du Japon et… des États-Unis, qui disposent d’un puissant arsenal protectionniste. Enfin, peu importe que notre agriculture subisse à l’avenir la concurrence de bœufs américains nourris aux OGM dans des camps à ciel ouvert et lavés à l’acide lactique.

Dans des propos rapportés par Alain Peyrefitte, Charles de Gaulle déclarait, prémonitoirement : « L’Europe occidentale est devenue, sans même s’en apercevoir, un protectorat des Américains. Il s’agit maintenant de nous débarrasser de leur domination. Mais la difficulté, dans ce cas, c’est que les colonisés ne cherchent pas vraiment à s’émanciper. Depuis la fin de la guerre, les Américains nous ont assujettis sans douleur et sans guère de résistance. […] Les décisions se prennent de plus en plus aux États-Unis. Il y a un véritable transfert de souveraineté. […] Les vues du Pentagone sur la stratégie planétaire, les vues du business américain sur l’économie mondiale nous sont imposées. Bien des Européens y sont favorables ». Il terminait : « … à la fin des fins, la dignité des hommes se révoltera »1.

Le temps de la révolte et de la dignité est venu. Marine Le Pen a parlé de croisée des chemins, en exigeant un référendum sur la sortie de l’Union européenne pour janvier 2014. Notre pays a les capacités, l’intelligence collective et les moyens de prospérer, mais il doit rompre avec l’esprit de Bruxelles. Plus que jamais, et de toutes nos forces, nous devons nous opposer aux visées euro-américaines sur la France ! Le redressement économique passera par la souveraineté nationale, la protection et la restauration de nos secteurs stratégiques et de notre tissu productif, et le soutien patriotique à nos PME/PMI par une fiscalité progressive et l’ouverture à leur profit des marchés publics. Rappelons-nous enfin que le « Le marché ne peut faire table rase de l’histoire »2 et qu’une France libre pourra parler la langue de l’indépendance.

1 Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Éditions de Fallois, 1997

2 Jean-Pierre Chevènement, La faute de M. Monnet, Fayard, 2006

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