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Compte-rendu de la réunion du 21/02/2013, en présence de Karim Ouchikh

Compte-rendu de la réunion du 21/02/2013, en présence de Karim Ouchikh

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Par Donatien Véret, Secrétaire départemental FNJ du Val d’Oise

Le mercredi 21 février, au Forum 165 rue Jeanne d’Arc dans le 15ème arrondissement de Paris, le Front national de la jeunesse a eu l’honneur d’accueillir Karim Ouchikh, conseiller de Marine Le Pen chargé de la Culture, de la Francophonie et de la Liberté d’expression, président exécutif du Siel (Souveraineté, indépendance et libertés), administrateur du Rassemblement bleu marine et président-fondateur de Patrimonia. La réunion portait sur le thème de la culture et nous a permis d’aborder, plus largement, les questions de francophonie, d’école et d’université, d’intervention publique en matière muséale.

Dans un propos liminaire, Karim Ouchikh a opéré la distinction entre la culture et le divertissement, confondus dans les médias de masse. À l’heure du relativisme, il a réaffirmé la nécessité d’une hiérarchie entre les différences pratiques culturelles : il s’agit de ne pas laisser accroire que le tag vaut Delacroix, et de ne pas enfermer les plus jeunes générations dans des formes uniques de « subculture » urbaine. Muni d’un exemplaire de la France orange mécanique, de Laurent Obertone, il a abordé sous un angle original l’« ensauvagement des esprits », notamment en termes de repli de la culture nationale et de rétractation communautaire. Un double fléau menace notre culture et notre langue : le communautarisme abondé par des flux migratoires dérégulés ; l’américanisation croissante de notre société. Il a dénoncé un État français actif dans le déracinement de son peuple, largement coupable d’avoir jeté les bases de la domination culturelle américaine.

Nous avons ensuite évoqué le rôle de l’État dans la préservation de la mémoire nationale et le rayonnement de la culture française, à l’intérieur comme au-delà des frontières. Sur le modèle de la Banque publique d’investissement, un Fonds d’intervention et de sauvegarde est devenu nécessaire, notamment face à la fuite des œuvres achetées aux enchères par des milieux privés (œuvres de Portalis et de Victor Hugo…). Il devient urgent de réorganiser les musées, de centraliser les administrations et de rationaliser leur fonctionnement, dans un souci de cohérence et d’efficacité.

Il faut doter les universités d’une capacité d’édition comparable à celle d’établissements prestigieux d’Europe et d’Amérique, et permettre en leur sein un large éventail culturel : concerts de musique classique, pièces de théâtre, séances cinématographiques, lectures publiques… À l’école primaire, nous devons renouer avec la méthode syllabique et augmenter le nombre d’heures de français, et les collèges doivent retrouver la pratique des humanités1.

Il convient de procéder à la mise en synergie du privé et du public, par exemple avec des passerelles entre les librairies et les bibliothèques. L’État doit aussi opérer un audit des dépenses des collectivités territoriales dans la culture, en prenant soin de sanctionner le conflit d’intérêt et le favoritisme. Monsieur Ouchikh nous a d’ailleurs alerté sur la désaffection de la puissance publique : l’actuel Président de la République a diminué de 5% le budget de la Culture, qui représente moins de 0,70% du budget de l’État – loin de la barre symbolique du 1%.

Concernant les langues régionales, il propose de laisser respirer nos territoires, qui sont autant de petites patries : il a rappelé la nécessité de protéger les parlers régionaux, dialectes et langues, mais il a averti du risque de segmentation si ces langues accédaient à un statut administratif. La position du Front national est donc ferme : pas de ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires2 mais la protection des patrimoines linguistiques de la France. Cette position s’inscrit dans le respect de l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) de François 1er, qui consacre le français comme langue officielle exclusive de l’administration et du droit. La défense du français est d’ailleurs une priorité : le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) doit avoir les moyens de surveiller l’usage de la langue française à la télévision et à la radio, et les chaînes de service public doivent favoriser des programmes français.

Conscient du rôle majeur du « soft power » dans la mondialisation3, Karim Ouchikh a prôné un soutien massif à notre réseau diplomatique et scolaire à l’étranger, notamment via la réouverture de centres culturels et de lycées français, et la constitution d’un pôle de publications scientifiques internationales en langue française. Évoquons ici le géopoliticien Aymeric Chauprade4, favorable à une diffusion mondiale de la langue française, ou le linguiste Claude Hagège, pour qui « Posséder les mots et les diffuser, c’est posséder la pensée »5.

C’est le grand dessein de la politique étrangère prônée par le Front national : redonner à la France son rôle de puissance d’équilibre face aux dérèglements des empires (islamique, chinois, américain) et sa force de puissance mondiale, conforme aux relations historiques qu’elle entretient (Maghreb, Mali, Liban, Vietnam) et à la place de choix de sa littérature (particulièrement lue en Chine, en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Russie). Ce fut autrefois « l’exception culturelle » française, défendue dans les institutions internationales par Jacques Toubon6. Dans ce domaine, Karim Ouchikh nous a fait part de son inquiétude vis-à-vis de l’offensive des Instituts Goethe (Allemagne), Cervantès (Espagne) ou Confucius (Chine), qui supplantent peu à peu le français. Il est impératif de protéger le français, langue de la clarté et de la raison, dans les organisations internationales.

Avec le Front national, défendons de ce que Claude Hagège appelle notre « écologie culturelle »7! Prônons l’enracinement et la renaissance culturelle.

1 Marc Furomali, « Les humanités : critique de la spécialisation » / Esprit n°390, Refaire les humanités, décembre 2012

2 Imposée par le Conseil de l’Europe depuis 1992, signée mais non ratifiée par la France. Pendant la campagne présidentielle, Marine Le Pen avait proposé un Institut national du patrimoine culturel et coutumier : c’était l’occasion de tempérer le jacobinisme français sans le trahir.

3 Joseph Nye, Bound to Lead : The changing nature of American Power (1990). L’administration Obama privilégie par exemple des formes nouvelles de pouvoir au niveau international, notamment le soft et le smart power (influence culturelle, prédation technologique, mass-médias mondialisés) contrairement à la pratique bushiste, mélange de messianisme et d’hobbesianisme friand d’intervention militaire.

4 « Francophonie et multipolarité », Aymeric Chauprade. Aymeric Chauprade a notamment soutenu le Siel lors de son congrès fondateur.

5 Claude Hagège, Contre la pensée unique (2012)

6 Notamment lors des négociations de l’Uruguay Round du GATT en 1993, face aux Américains.

7 Claude Hagège, op. cit.

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