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Lettre ouverte à Martine Faure, député PS

Lettre ouverte à Martine Faure, député PS

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Lettre ouverte de Gonzague Malherbe, membre du FNJ – Gironde

Madame le Député,

A deux jours de l’examen du projet de loi sur le mariage pour tous par l’ensemble des parlementaires à l’Assemblée Nationale, permettez-moi, en tant que responsable d’opposition sur la 12ème circonscription de Gironde, de me faire l’écho d’un grand nombre de nos concitoyens opposés à ce projet de loi.

Par un courrier daté le 16 octobre dernier, vous m’avez exposé vos arguments quant à votre positionnement en faveur de l’ouverture du mariage pour les couples homosexuels ainsi que pour l’adoption homoparentale. Je vous en remercie.

Contrairement à ce que vous affirmez, la question de l’égalité des droits n’a rien à voir avec ce projet de loi ; car quoiqu’on en dise, tout homme et toute femme aujourd’hui a la possibilité de se marier, pourvu que ce mariage se fasse dans le cadre prévu par le Code Civil : union consentie (art.146) d’un homme et d’une femme majeurs (art.144) qui souhaitent fonder une famille et travailler à l’éducation de leurs enfants éventuels (art.213 et 371-1).

Remettre en cause cette définition comme le souhaite la majorité à laquelle vous appartenez, c’est bouleverser nos institutions sociétales ainsi que la définition de la filiation : de même que l’ouverture du PACS a préparé les débats sur le mariage homosexuel, de même cette loi, si elle est adoptée, conduira inévitablement à la légalisation demain de la PMA et de la GPA, après demain à des revendications sur la polygamie, comme c’est d’ailleurs le cas aux Pays-Bas , pays que vous citez comme exemple dans votre courrier …

Concernant l’adoption par les couples homosexuels, si je conviens du fait « qu’un enfant élevé par un couple hétérosexuel ne constitue en rien une garantie infaillible pour son équilibre, son bonheur», je suis néanmoins persuadé que la cellule familiale constituée d’un père et d’une mère reste le cadre de vie le plus propice à l’éducation d’un enfant et à son épanouissement, car les tempéraments paternel et maternel sont complémentaires. Ensemble, ils sont donc infiniment plus favorables à l’éducation de cet enfant que deux tempéraments paternels ou maternels. L’existence des familles monoparentales due aux aléas de la vie (divorce, séparation, décès, etc…) ne rend pas cette situation optimale pour l’enfant. Car c’est bien de l’enfant qu’il s’agit : et celui-ci n’est un droit pour personne, mais au contraire, en tant qu’humain, il bénéficie du droit d’avoir un père et une mère pour son équilibre et sa stabilité.

Madame le Député, vous avez eu le courage, avec 26 de vos collègues socialistes, de ne pas signer l’amendement sur la PMA, refusant son passage en force, alors même que seulement 126 députés de votre groupe y étaient favorables. Votre expérience politique ne peut pas vous faire ignorer que le passage en force de la loi sur le mariage homosexuel et sur l’adoption par les couples homosexuels légalisera inévitablement la PMA et la GPA que vous refusez, au nom de cette même sacro-sainte égalité que vous invoquez dans votre courrier.

Car ce serait bien contre la volonté du peuple que cette loi serait adoptée. Le 13 janvier dernier, plus d’un million de manifestants, de tout âge, de toute tendance politique et de toutes les régions de la France, ont demandé au président de la République – quoi de plus légitime sur un sujet aussi sensible – qu’un référendum leur soit accordé. Ne soyez pas de ceux qui bafouent leurs électeurs une fois l’élection terminée, montrez vous la femme démocrate que vous sembliez être il y a quelques mois sur les marchés de Sud Gironde. J’ai bon espoir que votre attachement à la démocratie française prendra le pas sur les pressions d’un lobby ultra-minoritaire dans notre pays.

Enfin, vous évoquiez cette loi comme un engagement de François Hollande. Mais là encore, vous n’êtes pas sans savoir que les électeurs du candidat Hollande ne l’ont pas choisi pour cette proposition 31 mais sans aucun doute espérant trouver chez les Socialistes les réponses à leurs attentes en matière d’emploi, de sécurité, ou encore de logement et de pouvoir d’achat. Mais les priorités de votre majorité semblent demeurer là où règne la facilité, car bien évidemment il est plus aisé de bouleverser des valeurs sociétales dans l’indifférence générale que de donner à chaque Français un emploi, un logement et la possibilité de vivre décemment sur le territoire national.

Je vous prie de croire, Madame le Député, à l’expression de mes salutations distinguées.

       Gonzague MALHERBE

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